Carte d'identité
Nom commun |
Loutre d'Europe | ![]() |
Nom latin |
Lutra lutra | |
Famille |
Mustélidés | |
Taille |
1m10 à 1m30 | |
Poids |
5 à 12 kg | |
Longévité |
environ 15 ans | |
Régime alimentaire |
Carnivore | |
Reproduction |
1 fois par an | |
Période |
Toute l'année | |
Portée |
1 à 4 loutrons | |
Gestation |
60 jours | |
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La Loutre d'Europe est devenue le symbole de la qualité d'eau des rivières. |
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Biologie
La Loutre est un mammifère carnivore qui appartient à la famille des Mustélidés comme la Fouine, la Martre, le Vison, le Putois, le Blaireau...
CLASSIFICATION | MORPHOLOGIE | HABITAT | ALIMENTATION![]()
Classification
En France, on ne trouve qu'une seule espèce de Loutre, la Loutre d'Europe (Lutra lutra ). Même si elle possède de nombreux points communs avec les autres mustélidés, sa biologie présente des caractéristiques bien particulières.
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Morphologie
La Loutre d'Europe (Lutra lutra ) se distingue des autres espèces de loutre par la forme caractéristique de son rhinarium (truffe) en forme de W largement ouvert. De plus, chaque loutre porte un signe particulier au niveau de la moustache et sous le col (bavette). A ces endroits, il y a souvent une tache blanche, véritable carte d'identité pour chaque animal.
Le mâle peut mesurer de 90 cm à 1m30 et peser de 8 à 12 kg tandis que la femelle mesure de 80 cm à 1m20 pour un poids qui oscille entre 5 et 7 kg. Elle peut vivre une quinzaine d'années mais, dans la nature, seulement 15 % d'entre elles dépassent l'âge de deux ans.
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Habitat
La Loutre vit dans différents milieux aquatiques : rivières, lacs, étangs, côtes maritimes et marais. Elle est parfaitement adaptée à ces milieux aquatiques grâce, entre autres, à ses quatre pattes palmées et à sa fourrure imperméable.
Dans la nature, la Loutre vit seule. Chacune d'entre elles délimite son territoire qu'elle marque avec son urine ou ses crottes, nommées épreintes, qu'elle dépose en général sur des endroits précis comme un caillou ou une souche.
A l'intérieur de ce territoire se trouvent plusieurs types de gîtes. Ainsi, on distingue généralement : - les couches à ciel ouvert, situées dans des endroits calmes et aménagées au creux d'une touffe de joncs ou de roseaux
- les abris, partiellement protégés et situés dans des crevasses de rochers, sous des racines d'arbres, sous des massifs de buissons bas... - les catiches (mot qui vient du verbe se catir signifiant en vieux français se cacher ), qui constituent le refuge principal de la loutre et essentiellement utilisées pour la mise bas et l'élevage des jeunes. Elles ont le plus souvent une sortie sous l'eau et possède une chambre au dessus du niveau de l'eau,une cheminée d'aération reliant la chambre à la surface.
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Alimentation
Piscivore, la Loutre se nourrit principalement de poissons mais elle est susceptible de diversifier son alimentation par la consommation occasionnelle de crustacés, de mollusques, d'insectes, d'oiseaux ou de petits mammifères.
Sa consommation journalière de poissons n'excède pas 10% de son poids soit 1 kg de poissons au maximum pour un mâle adulte. La Loutre n'est donc en aucun cas responsable de la disparition du poisson mais, au contraire, elle participe au maintien de l'équilibre écologique en s'attaquant de préférence aux proies malades ou aux proies les plus abondantes.
Le régime alimentaire de la Loutre peut être déterminé grâce à l'analyse de ses épreintes. Deux méthodes sont principalement utilisées par les biologistes pour déterminer le régime alimentaire de la Loutre dans la nature. Il s'agit de l'étude des contenus stomacaux d'animaux retrouvés morts ou l'analyse de leursépreintes (crottes de la loutre). Celles-ci sont récoltées et lavées à l'eau claire à l'aide d'un tamis. Les différentes pièces (vertèbres, écailles, os, poils, plumes) retrouvées sont alors séchées et identifiées.
COMPORTEMENT
Nocturne, la Loutre marque son territoire avec ses épreintes qu’elle dépose en évidence telles des bornes. Solitaire, elle ne côtoie ses congénères que pour la reproduction.
COMMUNICATION | TERRITOIRE | REPRODUCTION![]()
Communication
Dans la mesure où la Loutre a des narines et des oreilles obturées pour plonger, elle ne peut guère utiliser son odorat ou son ouïe.
En guise de compensation, elle possède des vibrisses (moustaches) extrêmement sensibles au toucher qui lui permettent de détecter la moindre ondulation provoquée par la fuite d'une proie potentielle.
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Territorialité
Comme la majorité des carnivores, la Loutre d'Europe délimite son territoire à l'aide de son urine ou de ses crottes, nommées épreintes (du vieux français "épreindre" signifiant déféquer par petits tas), qu'elle dépose en général sur des endroits précis comme un caillou ou une souche. Les épreintes ont une odeur douceâtre et musquée qui les caractérisent. Fraîches, elles ressemblent à des petits amas gluants d'environ 4 cm.
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Reproduction
La Loutre d'Europe peut se reproduire toute l'année et l'accouplement se fait généralement dans l'eau.
Contrairement aux rongeurs comme les ragondins par exemple, la reproduction chez la loutre se fait à un rythme lent. La maturité sexuelle d'une loutre est atteinte à l'âge d'environ 3 ans pour les mâles et 4 ans pour les femelles.
La reproduction peut se faire toute l'année et l'accouplement se fait généralement dans l'eau. Après une gestation de 60 jours, la femelle donne naissance à 1, 2 ou 3 loutrons.
Ces loutrons, à la fine fourrure grise, mesurent à la naissance 19 cm pour un poids compris entre 80 et 100 grammes. Ils sont aveugles et sans dents.
Les yeux s'ouvrent au bout de 4 semaines, mais la vue n'est pas encore acquise, il faudra encore deux semaines.A l'âge de 2 mois, la mère commence à apporter de la nourriture de l'extérieur, complétant ainsi l'allaitement. La femelle assure en effet seule l'élevage des jeunes, chassant le mâle quelques jours avant la mise bas.
Contrairement à ce que l'on aurait tendance à croire, le loutron ne va pas spontanément à l'eau. La mère doit les pousser pour leur premier bain et leur apprendre à pêcher. A 4 mois, les loutrons sont sevrés mais ils ne deviennent toujours pas autonomes. L'émancipation complète n'aura pas lieu avant l'âge de 8 à 12 mois. Ils quittent alors leur mère et partent à la recherche d'un nouveau territoire.
L'observation de ses repas, où elle lance en l'air sa victime, la rattrape, la laisse s'échapper comme le ferait un chat avec une souris, suffit à justifier son nom breton de Kadour (Chat d'eau) ou de Kidour (Chien d'eau).
CONSERVATION
DISPARITION | PROTECTION | ELEVAGE | REINTRODUCTION ![]()
Disparition
Encore présente dans la majeure partie de la France au début du siècle, les effectifs de la Loutre d'Europe ont régressé dès les années 1930. Actuellement et malgré sa protection depuis 1972, il reste moins de 2000 animaux sur le territoire français.

Ses causes de disparition sont nombreuses et c'est souvent une corrélation de plusieurs d'entre elles qui engendre sa perte.
Le phénomène de régression de la Loutre
européenne se retrouve au même moment partout en Europe. Débutant dans les années 1930, il atteint un seuil critique dès les années 1950. Aujourd'hui, malgré sa protection datant de 1972 en France, la Loutre européenne fait partie des espèces les plus menacées dans la majeure partie de l'Europe.
En France, les populations restent localisées sur la côte Atlantique et dans le massif central. Cette raréfaction de l'espèce dans de nombreuses régions françaises s'explique de plusieurs manières : chasse pour la fourrure, chasse à courre, collision avec les voitures ...
Au Moyen âge, la Loutre était chassée pour sa chair. En effet elle était considérée comme un poisson par l'église et sa consommation était donc autorisée les jours de carême tout comme le castor. Par la suite, sa chasse s'est intensifiée, soit pour le plaisir de la chasse à courre, soit parce qu'elle était considérée comme nuisible, soit encore pour sa fourrure soyeuse et de grande valeur.
Avec le développement de l'agriculture intensive et l'augmentation de la population, d'autres facteurs sont entrés en jeu dans le phénomène de disparition de la Loutre. La Loutre passe généralement sur les ponts et les collisions avec les voitures constituent donc un péril récent mais très présent comme la destruction de son habitat avec l'aménagement des berges et les barrages, mais aussi la pollution de l'eau. En effet, la Loutre en tant que super prédateur se situe au sommet de la chaîne alimentaire. Ainsi, en se nourrissant de poissons contaminés, la Loutre accumule dans ces tissus un nombre important de micro polluants qui l'empoisonnent ou réduisent les capacités reproductrices des femelles.
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Protections légales
La Loutre d'Europe est protégée par divers arrêtés.
En 2009, le Groupe Loutres France a élaboré un plan de conservation, qui s’articule autour de 3 axes : étude, protection et communication. Actuellement en cours de validation, il débutera en 2010.
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Centre d'Elevage
En 1991 a été ouvert le 1er Centre français de Reproduction de la Loutre européenne à Hunawihr (68-France). Dans un premier temps les buts recherchés ont été la reproduction et la création d'une souche de reproducteurs. Actuellement, les efforts sont plutôt tournés vers la réintroduction à partir des animaux issus du centre et la sensibilisation du public.
Il y a au centre 7 emplacements, dont un seul ouvert au public. Au milieu du centre, se trouve un bâtiment qui contient un bureau, un local technique, un laboratoire et les catiches de ces 7 emplacements. Celles-ci sont amovibles permettant le déplacement et la manipulation des loutres en limitant au maximum leur stress. 
La partie ouverte au public offre la possibilité de voir les loutres évoluer sous l'eau grâce à un tunnel vitré. Une terrasse permet de les observer dans un milieu naturel entièrement reconstitué (végétation, cachettes, catiches). Dans ce tunnel, des panneaux illustrés et un commentaire permanent vous informent sur les moeurs de ce sympathique animal.
L'étude de l'éco-éthologie de la loutre en captivité a permis de mieux comprendre ses moeurs en terme de reproduction. Ainsi, on sait dorénavant tout ce qu'il faut réaliser ou au contraire éviter pour réussir un accouplement, une fécondation.
De plus, les centaines d'heures d'observation réalisées par l'équipe du parc ont permis par exemple de connaître avec précision la durée de gestation de la loutre (60 jours) et de ses cycles de reproduction.
Une catiche spéciale, appelée Spoutnick à cause de sa forme polyédrique a été inventée et réalisée pour recréer au mieux l'aspect naturel de l'intérieur d'une catiche et permettre d'observer, de filmer ou de photographier sans inquiéter la Loutre. Plusieurs aménagements ont été réalisés pour que l'animal tolère la présence de l'homme (poste de radio allumé en permanence, lumière faible omniprésente, flashs électroniques déclenchés régulièrement). Le Spoutnick a été utilisé plusieurs fois pour étudier et filmer la mise bas et l'élevage des loutrons.
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Réintroduction
La Loutre européenne ayant définitivement disparue d'Alsace en 1980, le Centre d'Hunawihr a entrepris dès fin 1998 une expérience de réintroduction.

Suite à l'aval du Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, deux jeunes loutres de 2 ans nées au Centre, Mic et Moon, ont été relâchées dans le Ried centre Alsace en décembre 1998.
Dans ce cadre, elles avaient été élevées dans des conditions bien particulières, en évitant au maximum le contact avec l'homme et ont également subi une opération chirurgicale au cours de laquelle un petit émetteur (35 grammes) fut implanté dans la région ventrale de leur corps.
Elles furent régulièrement suivies par télémétrie ou par la recherche de leur indice de présence. Un 4x4, équipé d'une antenne directionnelle reliée à un récepteur permet alors de parcourir de grandes distances et de localiser avec précision et sans dérangement les loutres.
Les deux animaux, issus de captivité, ont montré des comportements très proches de ceux observés chez les loutres sauvages. Ils ont manifesté un comportement craintif vis à vis de l'homme et ont utilisé différents gîtes dispersés dans un espace régulièrement fréquenté. Le mâle semblait avoir adopté un territoire qu'il marque par des dépôts d'épreintes et ce, dès les premiers jours suivant le lâcher. La femelle, après avoir parcouru de grandes distances paraît se cantonner sur le domaine vital du mâle. Ce domaine a augmenté progressivement vers l'ouest principalement; il couvre plus de 1000 hectares.
La présence de reliefs de repas et une première analyse rapide des épreintes semblent montrer qu'elles se nourrissent de différentes espèces de poissons présents dans le milieu avec une préférence pour les anguilles en hiver et en automne et les épinochettes et épinoches au printemps et en été. Par ailleurs, elles ne dédaignent pas les batraciens, nombreux au printemps et en été. D'importantes crues ne semblent pas avoir perturbé les deux loutres qui ont continué à fréquenter le lit des rivières et ont utilisé des zones surélevées pour gîter. Par ailleurs, dès la fin des inondations, elles sont retournées dans leur catiche respective.
Ces différentes indications montrent que la première phase de cette opération qui visait à mesurer l'adaptation des deux loutres issues de captivité à un milieu naturel a parfaitement réussi.

























